| Nova
- Nouvel album, nouveau concept? |
| Ralf
Hütter - Dès 1983, on a commencé à réfléchir
sur un album centré sur le Tour de France. On a sorti le single Tour de
France, mais à chaque fois on reportaient l'album d'une année à l'autre.
Autant Tour de France proposait une carte postale ironique et extérieur
du Tour, autant les nouveaux morceaux de l'album sont à l'intérieur de la
course, avec son côté informatique, les caméras, les motos. Nous sommes
rentrés dans le Tour avec tout ce côté purement technique et aérodynamique. |
| Nova
- On a pourtant un peu de mal à vous imaginer sur un vélo? |
| Ralf
Hütter - C'est le concept de l'homme machine,
c'est un automatisme à deux roues, contrairement à Autobahn qui était un
automatisme à quatre roues. Nous avons fait plusieurs étapes du Tour dans
les Alpes et les Pyrénées. Avec le vélo, il s'agit de trouver son rythme
individuel. C'est comme vec la musique techno, pour monter un col en danseuse,
il faut trouver sa propre harmonie. |
| Nova
- C'est une parabole sur le rythme Kraftwerkien? |
| Ralf
Hütter - Quelques part oui, nous nous sommes
beaucoup concentrés sur les bruitages, les mouvements, tout ce qui fait
qu'un vélo roule bien, ne fait plus de bruit, semble glisser. |
| Nova
- Comment se fait-il que vous soyez devenus si mythiques, alors que vous
sortez un nouveau disque tous les dix ans? |
| Ralf
Hütter - Il m'est assez difficile de répondre
à cette question parceque nous nous concentrons essentiellement sur notre
travail quotidien. Dans nos studios de Kling Klang, nous avons introduit
la semaine de 168 heures. Bous allons au studio comme d'autres vont au boulot,
on travaille sur nos machines, on réalise les pochettes, les visuels, les
vidéos, les paroles. En ce moment, nous préparons les éléments de notre
prochaine tournéee mondiale. Nous avons toujours quelque chose à faire. |
| Nova
- Vous utilisez toujoyurs vos vieilles machines ou vous avez cédé aux nouvelles
techniologies? |
| Ralf
Hütter - Nous vons gardé tous nos instruments
depuis la fin des années 60, les premiers synthétiseurs, les oscillateurs,
les filres, les séquenceurs, la boite à rythme manipulable à la main, qu'avait
fait construire mon ami Florian. Nous avons digitalisé trente trois ans
d'archives musicales, toutes nos bandes poussièreuses, ce qui nous permet
de nous servir des sonotités de l'histoire de Kraftwerk et de les retravailler.
Ce qui est bien pratique. Aujourd'hui avec les laptops, le groupe fonctionne
par n'importe quelle latitude, sous n'importe quelle chaleur, que l'on soit
au Japon ou en Australie. |
| Nova
- Avec le laptop, la musique n'est-elle pas devenue trop simple à faire? |
| Ralf
Hütter - Certainement, mais c'est l'idée
visionnaire que nous avons toujours soutenue: la musique électronique pour
tous, minimalisme, très direct et dynamique. |
| Nova
- On a l'impression que vous passez un temps fou sur vos morvceaux? |
| Ralf
Hütter - Parfois oui, mais d'autres fois,
ça va très vite. L'idée n'est pas de jouer 2000 fois le même morceau, mais
de le laisser et de le reprendre plus tard. |
| Nova
- Toutes ces théories, ouvrages, thèses qui circulent autour de votre musique,
ça vous amuse? |
| Ralf
Hütter - On ne peut pas tout lire, c'est
surtout une formidable résonance pour nous. |
| Nova
- Et tous ces clones de Kraftwerk qui circulent? |
| Ralf
Hütter - Ca correspond à cette idée qui nous
est chère de la multiplication, même si les plus intéressants sont les variations
comme le Balanescu Quartet ou l'interprétation latine de Señor Coconut. |
| Nova
- Aujourd'hui, beaucoup de stars pop font appel à des producteurs électroniques,
pourquoi pas vous? |
| Ralf
Hütter - Nous n'avons pas le temps et nous
sommes déja en retard sur nos propres productions. Peut-être que lorsaue
nous aurons sorti cent disques. Nous sommes restés des outsiders. On nous
demande souvent combien de temps nous pensons continuer, disons que le tour
de France a 100 ans et que pour nous, c'est un but à atteindre. |
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| Interview
to Patrick Thévenin |
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